- 1870 : chute de Louis Napoléon à Sedan.

La circulaire de 1852 interdisait aux instituteurs le port des moustaches. Ils doivent prêter serment ou démissionner.

En 1855: le Conseil Municipal accepte de remplacer son instituteur laïc par des religieuses qui enseigneront aux filles comme aux garçons. Sont-ils dans des classes mixtes? Cela paraît peu probable, compte tenu des interdits.

En 1862: le Département de l'Allier se classe 87/89 quant au nombre des illettrés.

En I 865: le privé abandonne l'enseignement des garçons, le Comte de Busset négocie l'échange du presbytère neuf qu'il vient de faire construire. Le conseil Municipal n'étant pas assez rapide dans sa réalisation; il échange le presbytère contre le bâtiment d'école appartenant à la commune. La sous-préfecture conteste cette décision indiquant que la commune devra prendre en charge le salaire de l'enseignante.

1852: le Comte de Busset et le maire (curieuse similitude) refusent de prêter serment de fidélité à Napoléon III (révocation immédiate du maire)

A ses débuts, la troisième république est plus cléricale que l'empire ; les révocations d'instituteurs sont nombreuses.

En 1875 le Conseil Municipal sur proposition du Comte de Busset a le choix entre un instituteur laïc et un instituteur congréganiste. Les frères Maristes de Lyon sont choisis pour enseigner à Busset.

" Je me suis fait un serment. Je consacrerai tout ce que j'ai d'intelligence, tout ce que j'ai d'âme et de cœur, de puissance physique et de puissance morale à l'éducation du peuple. «. Paul Bert, dans son discours aux vignerons d'Auxerre compare le clergé au phylloxera.

10 septembre 1848

M. Dhérat maire a exposé que la commune de Busset avait autrefois un marché par semaine et 4 foires par an qui furent établi par Louis XII en faveur de Pierre de Bourbon suivant lettres patentes d'Henri IV datées de Paris en 1594.

Que si dans ces temps reculés, la commune de Busset avait été reconnue suffisante pour rétablissement de ces foires et marchés, à combien plus forte raison n'y aurait-elle pas droit aujourd’hui, alors que par sa population, ses relations commerciales et la facilité des communications avec les pays voisins, elle a considérablement accru son importance. Mais que depuis quelques années, le marché et la foire du 29 août n'ont pas été tenus et toutefois n'ont pas été supprimés par aucune loi ni ordonnance ; que ce marché et une quatrième foire sont d'une utilité incontestables non seulement pour la commune de Busset mais encore pour la population de la montagne qui vient journellement s'approvisionner de denrées dans le bourg de Busset. Mais pour en faciliter le rétablissement il importe aussi de prendre en considération les intérêts des communes voisines de Chateldon; ayant un marché le mardi de chaque semaine et la foire du 29 août coïncident de très près avec celles de Cusset qui se tiennent en septembre. Il y aurait lieu de tenir le marché de Busset le lundi et la tire le 20 octobre sur quoi le conseil ayant délibéré unanimement agrée la proposition de M. le maire et émet en conséquence le vœu que le jour de marché qui doit avoir lieu le mardi de chaque semaine ainsi qu'il résulte des lettres patentes précitées soit mis au lundi et la foire du 29 août au 20 octobre.

2 mai 1849 :

La commune de Mariol a demandé la création de 3 foires qui se tiendraient dans cette commune 15 janvier, 22 mai et 25 octobre de chaque année. Le Conseil Municipal appelé à donner son avis approuve cette demande.

15 Juin 1849 : afin de protester contre le rétablissement du pouvoir temporel du pape, par Louis napoléon, 7 00 à 800 cultivateurs de la région de Montluçon marchèrent sur Montluçon à la suite d'une proclamation déclarant " Paris en feu ". La Montagne se bat avec le peuple contre les tyrans. Ce soulèvement est connu sous le nom de la " bande des Motes "

10 Janvier 1849 : Adolphe Thiers déclare : " je demande formellement autre chose que ces détestables petits instituteurs laïcs ; je veux des frères, bien qu'autrefois, j'ai pu être en défiance avec eux.

La guerre scolaire bat son plein

Par haine et par terreur du socialisme, la bourgeoisie rallie la cause de l'église, elle se montre prête à lui livrer l'enseignement primaire, à lui sacrifier l'enseignement laïc et ses maîtres.

10 Juin 1849 :

Falloux présente un projet prévoyant que l'université n'aura plus le droit exclusif d'enseigner. Un particulier pourra ouvrir une école dite " privée "l'école primaire publique est placée sous la surveillance du maire et du curé."

Le Comte Falloux, ministre de l'éducation de Napoléon III prétend garantir la liberté d'opinion en instituant des écoles publiques différentes pour chacun des trois cultes reconnus: catholique, protestant et israélite. Il associe l'église an contrôle de l'éducation, les programmes scolaires doivent obligatoirement comporter l'instruction morale et religieuse, les collectivités locales peuvent financer la construction ou réparation des locaux destinés à l'enseignement jusqu'à hauteur de 10%. Il ne se soucie pas des autres formes de pensée. Cette loi oblige les communes de 800 habitants et plus à entretenir une école primaire de filles. Les instituteurs sont nommés par le Conseil Départemental où siège l'évêque. Les classes seront toujours suivies et précédées d'une prière. Le principal devoir de l'instituteur est de donner aux enfants une éducation religieuse et de graver profondément dans leur âme le sentiment de leurs devoirs envers Dieu, envers les parents, envers les autres hommes et envers eux-mêmes.

28 février 1851:

M. le président donne connaissance de la loi du 15 mars 1850 et du décret du 7 octobre suivant relatifs aux dépenses de l'enseignement primaire et invite le Conseil Municipal à délibérer sur ces dépenses et sur les moyens d'y pourvoir pendant l'année 1851. Le Conseil Municipal après avoir mûrement délibéré prend les décisions suivantes. Il propose de fixer le taux de la rétribution scolaire pour l'année 1852 à 1.25 F. Il arrête le traitement fixe de l'instituteur pour la dite année à la somme de deux cents francs. Pour la portion afférente à la commune de St -Yorre réunie à celle de Busset 46.98F. Il examinera ensuite si conformément à l'article 38 de la loi du 15 mars, il y a lieu d'allouer à l'instituteur un supplément de traitement, afin d'élever son revenu au minimum de 600 F. A cet effet, il se fait représenter les rôles de la rétribution scolaire de 1850, lesquels s'élevant déduction faite des non-valeurs à la somme de 264F. Cette somme prise pour base de rétribution scolaire de 1851 et ajouté au montant du traitement fixe arrêté ci-dessus, donnant la somme totale de 464F, le Conseil Municipal alloue un supplément de traitement pour l'année 1851 de 136 F; total des dépenses 600f.Avisant ensuite au moyen d'acquitter cette dépense, le Conseil Municipal décide qu'il devra être prélevé pour cet objet sur les ressources ordinaires de la commune la somme de 52,39F. Produit présumé de la rétribution scolaire d'après l'évaluation ci-dessus 264F. Montant de l'imposition spéciale de 3 centimes additionnels au principal des 4 rétributions directes que la loi l'autorise à voter et qu'il vote en effet 236,63F pour la commune de St Yorre 46,98F total des recettes 600 F. Total des dépenses 600 F.

60 F pour la fourniture de pierres de taille et chaux pour la construction du perron de l'église de Busset.

20 février 1852 :

taux de la rétribution scolaire pour l'année 1853 à 25F au-dessus pour les enfants jusqu'à l'âge de 9 ans et à 2 F pour les enfants de 9 ans et au-dessus. Il arrête le traitement fixe de l'instituteur pour la dite année à la somme de 260F plus pour la portion afférente à la commune de St Yorre réunie à la commune de Busset 46,81F, il examine ensuite conformément à l'article 38 de la loi du 15 mars, il y a lieu d'allouer à l'instituteur un supplément de traitement afin d'élever son revenu au minimum de 600 F Les rôles de rétribution de 1851 s'élèvent déduction faite des non-valeurs à 204,07 F le supplément est donc de 6,59 F.

2 Décembre 1851 :

Lors du coup d'état, les républicains des cantons du Donjon et de Jaligny se regroupèrent. La petite troupe s'empara de Lapalisse, victoire qui rendit vaine la réussite du coup d'état: 13 personnes seront déportées à Cayenne, 257 seront envoyées en Algérie, une centaine internées. Le nouveau régime s'imposait par la crainte.

 

1852:

Vote universel: certaines communes n'ayant pas de mairie, on vote dans l'église

6 janvier 1852 :

Les préfets reçoivent l'ordre d'effacer partout la devise " Liberté-Egalité-Fraternité ", 70 députés dont Victor Hugo sont bannis.

16 Février 1852 :

décret interdisant de fêter l'anniversaire de la République. Ordre de célébrer le 15 août, l'anniversaire de Napoléon 1er.

20 Mars 1852:

On interdit aux professeurs de porter la barbe, signe d'anarchie.

29 Avril 1852:

le Conseil Municipal se réunit à l'effet de prêter serment prescrit par l'article 14 de la constitution

'Je jure obéissance à la constitution et fidélité au président"

 

Victor Hugo condamné à l'exil

création des mines de Tronget et du Montet dont les " De Bourbon" posséderont la moitié des parts

1852:

Pour aller de Gannat à Paris à pieds, il fallait la semaine, la diligence mettait trois ou quatre jours; en 1853, par le chemin de fer, les Moulinois pourront gagner Paris en 12 heures pour le prix d'un Napoléon.

1er Décembre 1852:

Louis Napoléon devient empereur

Décembre 1852:

De Bourbon Busset se refuse au serment de fidélité envers l'Empereur Napoléon III, idem pour Le maire de Busset qui sera déclaré démissionnaire d'office.

Le clergé Bourbonnais devint un corps de combat contre l'empire. Mgr de Deux Brézé entreprit de démontrer que le peuple était beaucoup plus heureux et plus libre avant la révolution que sous la monarchie impériale et dans le courant d'octobre, au château de Busset, et en présence d'une considérable assistance, il célébrait personnellement le mariage de Françoise Eulalie Marie Madeleine de Bourbon avec le capitaine aux zouaves pontificaux Alain de Charette de la Contrie, neveu du Comte de Chambord, donnant une signification publique à cet événement d'ordre familial.

12 décembre 1853:

Nécessité de trouver du travail aux indigents de la commune pendant l'hiver.

10 mai 1854 :

123,70 F pour la réparation urgente de la maison d'école à cette occasion plusieurs membres ont fait remarquer que la commune de St-Yorre réunie à celle de Busset pour l'instruction publique devait participer à cette dépense dans la proportion pour laquelle de la dite commune de St-Yorre entre dans les frais généraux de l'instruction, c'est à dire pour un cinquième. Demande en sera faite auprès du maire de St-Yorre et en cas de besoin auprès de l'administration supérieure.

11 mars 1855 :

Offre faite par les héritiers de Feu Dame Marie Anne Melun Veuve Gamet Bertrand décédée aux Jarrauds commune de St-Yorre de rembourser à la fabrique de l'église de Busset le capital d'une rente de 100 F constituée par la dite dame au profit de la dite fabrique à perpétuité et à charge de services de religion.

21 Mars 1855 :

Les salles d'asile deviennent des établissements d'éducation.

15 avril 1855:

M. le maire expose au conseil municipal qui délibère sur l'établissement à Busset d'une école tenue par des religieuses qui seraient chargées provisoirement des enfants des deux sexes.

M. le maire a rappelé au conseil le regrettable état dans lequel se trouve l'instruction élémentaire et religieuse dans la commune surtout pour les petites filles qui en sont tout à fait dépourvues et il lui a fait sentir les avantages incalculables pour la jeunesse de recevoir une véritable instruction basée sur les principes religieux. Il a posé la question: le Conseil Municipal est-il d'avis de substituer provisoirement à l'instituteur actuel une école tenue par des religieuses qui seraient chargées des enfants des deux sexes..

 

Ecole de filles

Le conseil a approuvé à la presque unanimité.

Le Maire: Fournier de Saint Maux.

Création de la nouvelle route de Busset à St -Yorre

14décembre 1855:

Taux de rétribution scolaire : Pour Les enfants auxquels on enseigne seulement la lecture 1,25f.Ceux auxquels on enseigne plus que la lecture 2F.

10avril 1856:

M. Charles de Bourbon, comte de Busset et M. Gaspard de Bourbon comte de Chalus offrent à la commune de Busset de lui faire l'avance sans intérêt d'une somme de 3000 F destinée à l'exécution de travaux pour la construction de la route de Busset à St-Yorre; somme remboursée en trois annuités 1857,1858,1859.

Le Conseil Municipal accepte cette offre généreuse

19 novembre 1856:

La commune de S-Yorre demande d'être érigée en succursale pour le culte vu que les habitants de St -Yorre sont presque totalement privés des bienfaits de l'enseignement religieux vu la distance et le mauvais état des chemins est d'avis qu'il y a lieu de faire droit à la demande formulée par le Conseil Municipal de St-Yorre à l'effet de faire ériger une cure dans cette commune

23 octobre 1857:

Achat des terrains pour la construction de la route reliant Busset à la route impériale 106 soit 7406,47 F.

La Comtesse de Bourbon-Chalus se tue dans les mines du Montet ; le Comte fit construire l'hôpital du Montet

12 mai 1859:

Mariol demande la création de nouvelles foires:

Considérant que la création de nouvelles foires est une source nuisible aux agriculteurs qui trouvent là une occasion de dérangement et une perte de temps considérable; le Conseil Municipal s'oppose.

1er octobre 1859 :

La Comtesse douairière de Bourbon Busset offre à la fabrique de l'église de Busset d'une rente à 4,5% de l'état français de 50 F à charge de la dite fabrique de faire célébrer à perpétuité pour le repos de l'âme de M. François Louis Joseph de Bourbon comte de Busset :

1 - aux offices anniversaires

2 -un office dans" l'octave des morts "

3- un office chaque mois

4- une messe basse aussi chaque mois de l'année.

Le Conseil Municipal accepte à charge à la dite fabrique de respecter ses engagements.

14 juillet 1861:

Sa majesté l'empereur Napoléon a daigné faire don à la commune d'une somme de 8000 F destinée à la construction de Busset à la route qui va de Cusset à Ferrières et passe au lieu dit de l'Ardoisière.

15 décembre 1861:

Par une lettre datant de septembre 1861, M. le sous-préfet l'a appelé à se prononcer sur l'acceptation ou le refus du plan du presbytère dressé par M. Frédélat, architecte à Lapalisse.

Il remercie le ministre des cultes pour son aide sans laquelle la commune n'aurait pu construire ce presbytère.

1863:

Élections dans le canton de Lapalisse de Victor Cornil, jeune médecin, ami de Gambetta

16 mars 1862 :

Don et legs M. Antoine Thonas curé de Busset par testament authentique reçu par M. Fournier maire l'un de 500 F à la fabrique de l'église qui devra l'employer à l'entretien, la réparation dans l'église de la commune. L'autre de 1000 F à la commune de Busset à la charge de l'employer à la construction du presbytère.

Par lettre du sous préfet, le devis du presbytère est de 10053,50 F et les ressources à 7535 F. I1 manque 2318 F. Le maire propose la vente des matériaux du presbytère actuel, le devis de ces matériaux est estimé à 800 F.Il est décidé de vendre ces matériaux à l'exception de la pierre (chevrons, tuiles, plancher de chêne).

25 mai 1862 :

Salaire du garde-champêtre 300 salaire du vicaire 200. L'allier se classe 87 sur les 89 départements quant à la statistique générale des illettrés. Il faudra attendre la loi de 1867 pour qu'une amélioration sensible se fasse sentir.

10 août 1862:

Le Conseil Municipal doit de prononcer à l'invitation du sous-préfet pour l'achat d'une armoire de bibliothèque pour abriter livres, cahiers et cartes imprimées à l'usage des écoles. Le Conseil Municipal signale qu'il possède depuis longtemps et la dite bibliothèque et les livres réclamés nécessaires à l'instruction des élèves gratuits.

Le salaire du nouveau garde -champêtre est fixé à 400F.

Ayant eu un accident de voiture "aux Gadons", Napoléon III ordonna la construction de la ligne St Germain des fossés-vichy.

15 Février 1863:

Le Conseil Départemental de l'instruction publique a décidé 2 taux de rétribution scolaire; le premier inférieur pour les enfants qui n'ont pas plus de 9 ans; le second supérieur pour les enfants dépassant cet âge.

M. le maire rappelle ensuite les dispositions du décret d'après lesquels les Conseils Municipaux sont appelés à délibérer sur le traitement fixe de l'instituteur au minimum de 200 F pour élever au maximum de 600F, 500 F si l'école est confiée à une institutrice de première classe et 400 F s'il s'agit d'une institutrice de deuxième classe.

19 Février 1865 :

Demande par la commune de St-Yorre pour qu'elle soit érigée en succursale le Conseil Municipal de Busset considérant que la commune de St-Yorre possède une église et un presbytère convenable, considérant qu'il n'y a point à s'occuper comment une population de 250 âmes dont une partie est un peu riche et l'autre voisine de la gêne pouvoir à l'entretien de ces édifices et aux dépenses du culte.

Considérant que cette commune ne demande aucun sacrifice pécuniaire à celle de Busset considérant aussi qu'elle ne demande aucune distraction de la commune de Busset tant au spirituel qu'au temporel ; ce à qui le conseil municipal de Busset s'opposerait de toutes ses forces, il n'y consentirait jamais.

Il n'y a aucune opposition à faire à l'érection de la dite commune en succursale.

M. le maire a ensuite entretenu son conseil de la position de la commune envers M. de Bourbon:

" nous avons a-t-il dit un presbytère délabré et s'écroulant de toute part lorsque tous les ans je vous appelais à voter des fonds pour l'entretenir; c'est toujours avec regret que vous le faisiez car vous observiez avec justesse que c'était de l'argent perdu et qu'il faudrait tôt ou tard en reconstruire un autre. Dans ces derniers temps, l'empressement de différentes personnes à arriver à une situation meilleure fit naître l'idée d'une souscription ; laquelle produisit vous le savez une somme de 8500f. Aussitôt cette souscription faite, nous fîmes dresser un plan dont le devis s'élevait à la somme de 1095 F.

 

Construction du presbytère

La famille de Bourbon, voyant les lenteurs que l'on mettait à commencer ce presbytère, le commença avec l'intention avouée que le jour où se présenterait un adjudicataire, la famille de Bourbon le céderait. Ce presbytère est achevé et M. de Bourbon s'est présenté au conseil et il nous a dit qu'il venait nous offrir le presbytère construit par lui en nous disant qu'il ne demandait nullement ce qu'il avait pu dépenser de plus que ne portait le devis demandant seulement à ce que la commune lui payât la différence qui existe entre la souscription et le devis. Et pour arriver à une solution, voilà ce que M. de Bourbon nous a proposé: il a proposé que nous lui cédions notre maison d'école voisine de la sienne en s'engageant à tout laisser à perpétuité affecté à une maison d'école de filles tenue par des religieuses et en échange il nous céderait le presbytère construit par lui et de plus, il nous donnait trois mille francs pour nous aider à construire une maison d'école de garçons.

Considérant messieurs que la proposition de M. de Bourbon n'est pas inacceptable, que c'est un marché que M. de Bourbon nous offre de faire avec lui; considérant que la commune de Busset a besoin de deux écoles distinctes et séparées; une pour les filles, l'autre pour les garçons. Et par la proposition de M. de Bourbon, elle se trouve dans la possibilité d'en avoir deux, considérant aussi que la commune est détentrice d'une somme de 1500 F que M. de Bourbon abandonne à la commune. Considérant que la proposition de M. de Bourbon peut-être avantageuse à la commune en la modifiant un peu à son profit, je viens donc vous proposer pour sortir de tout espèce d'embarras et éviter un procès:

- 1) d'abandonner à M. de Bourbon notre maison d'école, ses dépendances et son jardin telle que nous l'avons acquise et que nous en jouissons depuis que nous l'avons.

- -2)de nous donner 4000F payables dans six ans avec l'intérêt à 5% par an à partir du 1er avril 1866.

- 3) de laisser la maison d'école que nous lui abandonnons (maison acquise en l'année 1845 (des héritiers Menuguier) ainsi que les petites constructions que la commune a fait élever depuis cette époque. Maison affectée à une maison d'école de filles tenue par des religieuses et cela à perpétuité consentant cependant que dans le cas où cet ordre religieux serait expulsé de France ou si l'instruction leur était enlevée M. de Bourbon reprit la jouissance de la maison que nous lui avons cédée sans être tenu de la laisser affectée à une maison d'école.

Dans le cas où M. de Bourbon n'accepterait pas cette proposition je vous propose de lui voter une somme de deux mille francs pour l'indemniser des grands frais qu'il a faits au presbytère.

Le conseil après avoir oui M. le maire et considérant qu'il était urgent de sortir de la position où se trouve la commune vis à vis de M. de Bourbon, considérant que la proposition faite par M. le maire est avantageuse à la commune en ce sens qu'elle possédera un presbytère tout neuf, une maison d'école de filles qui ne lui coûtera plus rien et 4000 F pour l'aider à construire une maison d'école de garçons plus une somme de 2000 F qu'elle aurait payée à M. de Bourbon et qu'elle garde; Ce qui donne un total de 6000 F pour autoriser M. le maire à traiter avec M. de Bourbon.

Dans le cas où M. de Bourbon n'accepterait pas, lui sera versé 2000 F pour le presbytère.

La mode du yoyo ou émigrette

1865:

Après lecture de la lettre de M. le sous-préfet est d'avis que le traité passé entre M. de Bourbon et la commune doit être modifié en ce sens que M. de Bourbon ne doit point entretenir à ses frais les religieuses, mais bien leur fournir à perpétuité le logement et que le traitement de celle qui sera agrée comme institutrice sera à la charge de la commune qui y pourvoira comme bon lui semble. Le conseil est d'avis que cet échange soit ratifié par M. le préfet.

3 septembre 1870 :

Après la défaite de Sedan, naissance de la Troisième République.

22 Octobre 1865 :

lettre de M. le sous-préfet pour donner son avis sur la création d'une école de garçons. M. le maire est chargé d'en louer une au chef-lieu pour un coût de 200F.

Nomination de M. Mayet Pierre comme instituteur communal.

17 Février 1866 :

Fixation de la rétribution scolaire il vote pour une somme de 200 F pour élever le traitement de l'instituteur au minimum de 700F.

Le Conseil vote trois centimes spéciaux pour ce paiement.

19 mai 1870:

Le Conseil Municipal de Busset assemblé en lieu ordinaire des séances au nombre de 9 sous la présidence de M. Dherat maire et assisté conformément à l'article 42 de la loi du 14 juillet l839 des propriétaires les plus imposés au nombre de 7 dont M. de Bourbon.

28 Mai 1866:

La salle de classe étant trop petite il faut que la commune arrive à se construire une maison d'école.

23 septembre 1866:

adoption des plans et du devis de la maison d'école.

18 Novembre 1866:

la somme est trop élevée et le conseil fait appel pour aider notre commune qui abrite 50 élèves dans 23 mètres carrés et 15 autres dans la cuisine de l'instituteur sous la surveillance d'un moniteur. Un grand nombre d'élèves ont été refusés. Le devis est de 12256F et la commune ne possède que 9000 F.

1872: vacances dans les écoles publiques : du 24 août au 30 septembre.

Février 1873 : aucun inscrit de Busset au certificat d'études.

28 octobre 1873: Le maire prie le conseil de voter une somme de 64,75 F pour la construction de latrines à l'école de filles, construction éminemment nécessaire. M. le maire expose en outre la nécessité qu'il y a de placer une croix dans le cimetière, le maire propose de faire une quête dans la commune et de compléter la somme nécessaire avec la vente de concession.

1867: 30 octobre. Victor Duruy étend l'obligation aux communes de 500 habitants d'entretenir une école de filles (34 ans de retard sur les garçons), il crée des cours publics pour jeunes filles.

Dans 56 départements. 55% des gens ne savent pas signer. La Bretagne bat le record de l'ignorance avec 37% des gens qui ne savent pas écrire et 85% ne savent pas lire.

1868 : la gymnastique est rendue obligatoire dans les écoles publiques.

Les écoles primaires sont complétées par des cours du soir 32 383 en 1868 suivis par 830000 adultes. Le gouvernement du second empire s'efforce de développer l'instruction car des écrivains (Victor Hugo ) avaient dit que "l'ignorance conduit au crime."

De 1861 à 1865:sur 22752 accusés en cours d'assise, 18759 ne savent pas lire contrairement aux résultats espérés, le développement de l'instruction amène une augmentation des crimes.

1869 : est institué le diplôme de " maître de gymnastique."

De la troisième république à la grande guerre.

Ce fut une période très agitée en ce qui concerne les écoles tant sur le plan national que sur le plan local. On ne peut pas dire que la laïcisation s'est faite sous la volonté des élus et de la population. Il est clair qu'elle a été imposée par le pouvoir central sous la pression des préfets et il est vrai aussi par le versement de subventions conséquentes pour l'ouverture de locaux scolaires.

Contrairement à ce que l'on pourrait penser, les oppositions les plus vives ne sont pas venues des milieux ecclésiastiques mais surtout de la part du Comte de l'époque. Il est vrai aussi que l'école privée dépendait en grande mesure du "château" en ce qui concerne les locaux, et aussi les élèves dont les parents de beaucoup d'entre eux travaillaient sinon au château du moins dans les nombreuses fermes qui appartenaient au Comte

L'enseignement qui était prodigué dans ces classes correspondait certainement à ce que les gens en attendaient, avec le respect des traditions, le respect de l'ordre établi. On se souciait bien peu du respect des consciences dans ce milieu pratiquant très éloigné des influences parisiennes.

Sur le plan politique, le Comte de l'époque appartenant à des milieux monarchistes influents ne ménageait pas sa peine, et on le retrouve présent dans de nombreux débats avait une influence essentielle sur les élus de l'époque Il ne devait pas être facile d'être instituteur publie et laïc à l'époque Les séparations de l'église et de l'état de 1905 ont fait naître bien des tensions, on trouve dans de nombreux carrefours, bien des croix, bien des calvaires qui datent de cette époque.

Une certaine indépendance du pouvoir religieux et du pouvoir du château semble naître après les nationalisations des églises; la commune devenant propriétaire de l'église et du presbytère. C'est à propos du loyer du presbytère que l'on va voir les premiers différents apparaître.

Au Conseil Municipal, présence de 7 conseillers imposés

 

1er octobre 1870:

Sur le registre des délibérations, on trouve la liste des présents plus une liste nommée "imposé" et dans cette liste on trouve le M. de Bourbon Cte de Chalus; au cours des réunions, on s'aperçoit que M. de Bourbon est presque toujours signalé absent.

21 Février 1874:

200 F sont acceptés comme legs pour les pauvres de Busset de Melle Thomas, le Conseil Municipal achètera un titre de rente sur l'Etat.

1874:

Taux de l'abonnement annuel: Busset 12 enfants de moins de 9 ans; 15 de 9 ans et plus; taux mensuel pour les enfants non abonnés, 115 F pour les enfants de moins de 9 ans, 225 F pour les élèves au-dessus de 9 ans.

Mars 1875 :

Premier DDEN de Busset M. Dherat maire.

circulaires signées "le ministre de l'instruction publique, des cultes et des beaux-arts"

92 élèves.

20 septembre 1875:

Présent M. de Bourbon.

M. le maire expose que l'école communale étant vacante par suite de la nomination de l'instituteur à un autre poste, le Conseil Municipal doit choisir entre un instituteur laïc et un instituteur congréganiste. Le conseil oui la lecture de la lettre présentée, oui les observations de M. le maire qui expose que la famille de Bourbon se charge de tous les frais qui pourraient résulter de l'admission des congréganistes; le conseil décide dans sa majorité qu'il désire confier la direction de l'école à des congréganistes et prie M. le préfet de bien vouloir agréer comme instituteurs les nouveaux frères maristes de Lyon qui se sont engagés à venir diriger l'école.

16 novembre 1875:

M. Jean André Reynaud. (frère maricien) est installé comme instituteur public sur la commune de Busset.

5 Décembre 1875:

(Présent M. de Bourbon). Le Conseil Municipal prie M. le préfet de bien vouloir prévoir la nomination d'un maître adjoint : un seul maître ne peut gouverner tous ces enfants et les instruire d'une manière sérieuse. La loi d'ailleurs indique que toute école ayant 80 enfants a droit à un maître adjoint.

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